Synopsis
Rwanda, 2012. Après le génocide des Tutsis, des tribunaux populaires sont mis en place pour apporter justice et réconciliation. Vénéranda, survivante, est convaincue de la nécessité de ces procès. Malgré les pressions, elle organise des séances de discussion entre victimes et familles de bourreaux. Mais lorsqu’elle apprend la grossesse inattendue de sa fille, elle doit faire face à ses propres contradictions et aux parts sombres de son passé.
A propos
Sélection, Un Certain Regard, Cannes 2026 : Caméra d’or / Prix FIPRESCI (prix de la critique internationale)
« J’ai fait ce film parce que je voulais rendre hommage aux femmes de mon pays, à ces mères qui sont à la racine de la guérison de toute une nation. Ces mères qui, à travers l’erreur et l’indicible, ont trouvé la force de rester debout, avec dignité. Et plus encore, qui ont trouvé dans leur cœur la capacité de se donner, de pardonner et d’avancer — même imparfaitement, même douloureusement, même parfois sans y parvenir. Cette humanité-là, cette bravoure-là méritent d’être saluées. […] Faire un premier film, c’est sauter dans le vide. Mais lorsqu’on est entouré d’une famille de cinéma aussi forte, on ne tombe pas : on s’élève. Merci au Festival de Cannes de donner des ailes à nos premiers pas. Merci à mon pays, le Rwanda. » Marie-Clémentine Dusabejambo
Contexte historique du film
GACACA (prononcer « Gatchatcha »), littéralement « herbe douce » en kinyarwanda, signifie « l’endroit où l’on se réunit ». Les juridictions populaires Gacaca ont été adoptées au Rwanda entre 2005 et 2012 pour juger des milliers de personnes accusées de crimes de génocide et crimes contre l’humanité commis entre 1990 et 1994.
À l’origine, les Gacaca permettaient de régler des différends de voisinage ou familiaux sur les collines. Il s’agissait d’une justice de paix, sans avocat et éloignée des pratiques judiciaires modernes : une assemblée villageoise présidée par des anciens, où chacun pouvait demander la parole.
Le Rwanda post-génocide a choisi cette politique judiciaire résurgente d’un modèle « traditionnel » en raison de la singularité du génocide des Tutsis, planifié au coeur de la hiérarchie politico-militaire, et dont l’exécution a impliqué la participation de la population dans des proportions considérables.
Comment juger l’ensemble des responsables et des exécutants du génocide ? Comment assurer une coexistence non violente entre victimes et bourreaux ? Comment gérer cette mémoire génocidaire si ces horreurs n’étaient pas dites ? Comment établir un récit historique commun ?

