Synopsis
Après l’interdiction de publication d’Alger Républicain en 1955, son directeur Henri Alleg entre en clandestinité. Emprisonné en 1957, il est torturé par l’armée française à Alger. Son témoignage parvient à Paris entre les mains de Jérôme Lindon, le Directeur des Éditions de Minuit.
A propos
BIOGRAPHIE DU RÉALISATEUR
Après des études en économie à l’Université de Turin, en Italie, et une expérience dans le domaine de l’économie du travail au sein d’institutions publiques et internationales, Alberto Segre se tourne progressivement vers le cinéma. Formé à Paris en scénario, prise de vue et réalisation, il a réalisé depuis 2008 neuf courts et moyens métrages — entre fiction, documentaire et animation — sélectionnés et primés dans de nombreux festivals internationaux.
Ses films explorent les liens entre histoire, mémoire et identité, à travers des personnages en mouvement entre territoires et cultures. Il y interroge la rencontre, la disparition et les formes d’invisibilité sociale, en mêlant souvent archives, son et hors-champ pour relier différents temps et espaces.
Note d’intention du réalisateur
« La Question » est un texte politique et qui va bien au-delà du récit historique, car derrière la torture ignoble et cachée, se déploient l’idée même de la violence colonialiste mais aussi, via la censure endurée par la publication du livre, celle d’un État autoritaire et terrorisant capable de tout pour masquer ses faiblesses et ses dérives. L’amour de l’Algérie d’Henri Alleg, le courage et l’abnégation de Gilberte, la culpabilité morale d’un Jérôme Lindon qui se sent impuissant, racontent, en filigrane, l’histoire du malentendu algérien, du sacrifice personnel pour la défense d’idéaux indépassables, d’hommes et de femmes qui refusent d’accepter l’inacceptable.
Adapter « La Question » naît de l’envie d’aller encore plus loin dans cette recherche car le témoignage d’Henri Alleg élève l’engagement dans la dénonciation de la guerre au rang d’impératif catégorique. Depuis la sortie de son texte, la désobéissance devient un devoir. Et nous avons le devoir de lutter contre l’injustice, d’où qu’elle vienne. Illustrer « La Question » avec des collages animés nous permet de désincarner l’acte violent et de réfléchir à son sens plus politique et universel. La torture subie par Henri Alleg, n’est plus celle perpétrée par un Français contre un autre Français ; mais celle de l’Homme contre l’Homme.



