Deux membres de l’équipe du FIFE étaient présents à la 79ème édition Festival de Cannes, pour repérer les prochaines nouveautés internationales avant leur sortie en salle.

Du 12 au 23 mai 2026 s’est tenue la 79ème édition du Festival de Cannes, l’un des événements cinématographiques les plus prestigieux au monde, aux côtés de la Mostra de Venise et de la Berlinale. Avec le plus grand marché international du film, le festival s’impose depuis sa création en 1946 comme un rendez-vous incontournable pour l’ensemble de la profession.

Sa programmation s’articule autour de plusieurs sélections distinctes : la Sélection officielle, qui regroupe six sous-sections – Un Certain Regard, En compétition, Cannes Première, Hors compétition, Séances Spéciales et Courts-métrages – mais aussi la Quinzaine des cinéastes, la Semaine de la Critique et l’ACID. Chacune dispose de salles qui lui sont propres : respectivement le Grand Théâtre Lumière, le Théâtre de la Croisette, l’Espace Miramar et l’Alexandre III. L’ensemble propose une programmation particulièrement dense, dont la majorité des films sont sous-titrés en anglais.

Un panorama unique pour construire une programmation

Cette présence offre au FIFE l’opportunité de découvrir de nombreux films français comme internationaux en accordant une attention particulière aux filmographies européennes et aux cinématographies plus rares. Cannes offre en effet un panorama unique de la création cinématographique mondiale, constituant un terrain d’observation idéal pour affiner et enrichir notre programmation.

Plusieurs films présentés à Cannes ont déjà été sélectionnés et projetés au FIFE lors des précédentes éditions, en particulier dans la section long-métrage fiction. Ce constat témoigne à la fois de la justesse de notre regard éditorial et de notre capacité à identifier des œuvres de qualité en amont de leur reconnaissance internationale.

Fort de ces repérages, plusieurs œuvres découvertes cette année à Cannes apparaissent d’ores et déjà comme des candidates potentielles à la programmation de la 22ème édition du FIFE ! Sur la centaine de films projetés cette année, l’équipe du FIFE a pu en visionner une quarantaine sur place, parmi lesquels au-delà des longs métrages de fiction,  2 longs métrages documentaires, 5 longs métrages d’animation et 3 programmes de courts métrages.

Quelques coups de cœur…

Voici une sélection des titres qui ont particulièrement retenu l’attention de nos deux membres des comités de sélection du FIFE,  Leïla Busidan et Maxime Charetier Saunier. Ces films seront notamment proposés aux comités longs métrages du FIFE avec d’autres films également repérés.

  • Congo Boy de Rafiki Fariala (sans date de sortie confirmée). Long métrage de fiction centrafricain et congolais. Le film suit un jeune homme de 17 ans, réfugié en République centrafricaine, confronté à de multiples obstacles liés à son statut et qui trouve dans la musique une ressource précieuse. Une œuvre sensible sur la question, encore trop peu représentée, de la migration interne entre pays africains, portée par une énergie et une sincérité remarquables.
  • We Are Aliens de Kohei Kadowaki (sans date de sortie confirmée). Long métrage d’animation japonais. Deux jeunes garçons se lient d’amitié, puis se séparent. Le film se distingue tant par la qualité graphique de son animation que par la finesse de son écriture et de sa mise en scène. Il interroge avec beaucoup de délicatesse la place fondatrice des premières amitiés dans la construction de l’individu, tout en offrant une diversité de points de vue appréciable.
  • La Gradiva de Marine Atlan (sortie prévue le 4 novembre 2026). Long métrage de fiction français. Une professeure de latin accompagne ses élèves de terminale lors d’un voyage scolaire à Naples. Filmé au plus près des lycéens, le film se distingue par la justesse de son ton, la profondeur accordée aux personnages secondaires et la qualité de ses scènes dialoguées.
  • Ben I’mana de Marie Clémentine Dusabejambo. Long métrage de fiction rwandais. Le film aborde l’après-génocide à travers le portrait d’une femme hutu qui initie des assemblées entre femmes afin de leur offrir un espace de parole sur les violences subies. Une œuvre exigeante, qui traite avec lucidité et complexité les questions de réconciliation et de réparation au sein de communautés meurtries.
  • La Deuxième fille de Zou Jing (sans date de sortie confirmée). Long métrage de fiction chinois. Le film suit le quotidien d’une petite fille à l’époque de la politique de l’enfant unique en Chine. Lauréat du Prix de la Fondation Gan. Porté par le regard de son personnage principal, il offre une réflexion subtile sur les mécanismes par lesquels la société façonne et parfois contraint les individus dès le plus jeune âge.
  • Tangles de Leah Nelson (sans date de sortie). Long métrage d’animation états-unien et canadien. Lorsque la maladie d’Alzheimer commence à altérer la personnalité lumineuse de sa mère, Sarah doit abandonner sa vie d’artiste activiste dans le San Francisco des années 90 pour revenir auprès de sa famille. Le film aborde, avec une animation simple, des thématiques fortes qui semblent toutes résonner avec le FIFE. Il est l’un des coups de cœur des festivaliers et il sera également à retrouver au festival d’Annecy.

De riches rencontres…

Ces projections ont, d’autre part, souvent été l’occasion de rencontrer directement les équipes présentes sur place (réalisateur.trice.s, scénaristes ou producteur.trice.s) et d’engager avec elles et eux un dialogue sur leur démarche créative. Ces échanges rappellent l’importance de ces espaces de rencontre et participent à l’énergie particulière d’un festival : celle d’un lieu vivant, où les films continuent d’exister bien au-delà de l’écran, dans la rencontre entre ceux qui les font et ceux qui les reçoivent.

 

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